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La mer, le soleil et les cris d’effroi

Coucou maman,

J’ai passé une journée fort étonnante à la plage. J’aimerais beaucoup t’y emmener la prochaine fois, c’est très amusant. Surtout que maintenant je sais comment m’équiper.

D’abord, il faut une çairviétedeuplaj. C’est un grand rectangle de tissu que tu poses sur le sol avant de t’installer. Moi j’en avais pas alors je me suis allongé directement par terre pour faire comme tout le monde, passer inaperçu. Du coup ça grattait, c’était désagréable et j’avais peur de retrouver du sable dans mon armure pendant plusieurs jours. Alors j’ai fait la seule chose raisonnable, j’ai enlevé mon armure – sauf le casque, j’ai ma pudeur – puis j’ai ôté mon pagne que j’ai étendu au sol et je me suis allongé dessus. Apparemment j’ai pas fait les choses correctement parce que tout le monde me regardait bizarrement ; surtout un groupe d’elfes, une dizaine, à un jet de flèche de moi. Ils avaient un équipement conséquent, comme si ils venaient coloniser la plage. À un moment, l’un d’eux, le chef sans doute, est venu vers moi l’air très en colère. Il s’est mis à hurler que ici on n’était pas sur une plajnatturist, que c’était indécent, qu’il y avait des enfants et patati et patata. J’arrivais pas à le prendre au sérieux, entre ses bras et ses jambes nues et son unique vêtement, un tout petit bout de tissu très moulant qui ne cachait rien de son corps malingre, il était ridicule. Et faible. Il m’a suffi d’une gifle pour l’envoyer valser et le faire taire. Le groupe a battu en retraite après ça en hurlant que « les gens comme moi » devraient pas être autorisés sur la plage.

Après ça, j’ai entendu des espèces de cris de guerres qui venaient d’une petite escouade d’enfants humains près de l’eau. Ils avaient l’air d’élaborer des genres de petites constructions fortifiées avec le sable. Tu sais, maman, que j’ai le cœur sur la main, toujours prêt à aider. Alors j’ai voulu leur filer un coup de main et tester la solidité de leurs constructions. Figure-toi que ces gamins étaient nuls ! Je sais pas ce qu’ils apprennent à l’école ceux-là mais rien d’utile apparemment. Un seul coup de pied a suffi à démolir la moitié de leur « château » comme ils l’appelaient. Ils se sont mis à hurler et à pleurer, c’était terrifiant et insupportable. Heureusement que je suis d’un naturel calme et que ma hache était restée avec mon armure sinon j’en aurais décapité un ou deux pour calmer les autres.

À ce moment-là, avec le soleil qui cognait, j’avais soif alors j’ai avancé dans la mer pour boire un peu. J’ai plongé la tête dans l’eau et j’ai bu de longues gorgées. Elle était horrible cette eau ! Plus salée que le ragoût de renard de tata Borg. Tu connais mon raffinement et la délicatesse de mon palais : j’ai pas pu me retenir de vomir. Pas de bol pour le gamin qui passait à côté. Lui aussi, il s’est mis à pleurer alors je l’ai chopé par le bras et je l’ai balancé plus loin dans l’eau, ça lui a donné une bonne raison de crier au moins.

J’en avais marre des mioches alors je suis retourné sur ma çairviétedeuplaj pour faire une sieste. J’ai été réveillé par des cris, croyant à une attaque, je me suis retrouvé debout, ma hache à la main avant même d’avoir ouvert les yeux. En fait, c’était des gens qui jouaient à un jeu qui avait l’air de ressembler au tape-fort mais ça se jouait en équipes. Je t’apprends rien, moi j’adore le tape-fort alors je leur ai demandé si je pouvais jouer avec eux et ils ont gentiment accepté en me disant que ça s’appelait le bitchvaullay. Ils ont demandé si je connaissais les règles et j’ai dit que oui, que ça ressemblait au tape-fort. Ces sauvages ne connaissaient pas. Une humaine m’a tendu le ballon en me disant de  » servir « . Je l’ai pris et là, PAF ! Dans la tête de la sang-dragon la plus proche. Ils ont commencé à crier que ça se jouait pas comme ça, qu’il fallait faire passer le ballon au dessus du filet, j’ai dit  » ah d’accord, vous le jouez en ouverte « , j’ai repris le ballon et je l’ai envoyer de toutes mes forces au-dessus du filet et j’ai touché le type sur sa grande chaise au bout de la plage. Au vu de leurs réactions, c’était toujours pas les bonnes règles alors je suis retourné m’asseoir.

Je me suis dit que le soleil chauffait vraiment pas mal alors j’ai voulu prendre à des elfes installés à côté un genre de petit arbre de tissu et de métal. Ils se sont mis à hurler comme si je les étripais alors pour faire bonne figure, j’en ai étripé un avec mon coutelas et j’ai planté le pahrasaule dans un deuxième. Je m’étais assez amusé pour la journée alors je suis parti.

Gros bisous, Ikhet.

P.S – J’ai mangé des zuhitr pour faire comme les autres et bah c’était assez dur et je me suis coupé les gencives, je déconseille.

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